L'altitude du logement, jusqu’ici intégrée dans le calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE), pourrait faire l’objet d’une révision prochaine. Un constat : deux logements énergétiquement identiques peuvent être classés différemment uniquement en raison de leur altitude. Une situation jugée injuste par certains acteurs du secteur.
La mission d’information «Loi littoral, Loi montagne : 40 ans après», créée début février 2026 par le groupe Union Centriste au Sénat, a placé l’altitude au cœur de ses travaux. À l’origine de cette attention : une incohérence frappante. Deux logements quasi-identiques, l’un situé à 799 mètres d’altitude et l’autre à 801 mètres, peuvent obtenir des classes énergétiques très différentes, uniquement en raison de ce petit écart d’altitude. L’objectif de la mission est de réexaminer ce critère en lien avec les spécificités locales, notamment pour les zones de montagne. Ce débat s’inscrit plus largement dans la réflexion sur l’adaptation de la transition énergétique aux réalités territoriales, comme le climat ou les contraintes d’environnement propres à chaque territoire.
Dans le calcul du DPE, plusieurs paramètres environnementaux sont pris en compte, dont l’altitude et la zone climatique du logement. Cette donnée influence les estimations de consommation énergétique. Un logement situé en altitude subit en effet des conditions plus rudes (températures plus basses, besoins de chauffage plus importants) que celui situé en plaine. Ce mécanisme vise à mieux refléter les besoins énergétiques réels selon le lieu d’implantation. Ce critère peut toutefois aujourd’hui entraîner des effets de seuil incohérents entre logements proches géographiquement, mais juste au-dessus ou en dessous d’un palier d’altitude.
Dès lors, une révision du critère altitude dans la méthode de calcul du DPE pourrait être envisagée. Cette révision permettra de mieux tenir compte des réalités climatiques locales et d’éviter des disparités injustifiées. Cette évolution réglementaire pourrait intervenir dans le cadre des ajustements prévus pour 2026 ou dans des futures recommandations ministérielles. Pour les propriétaires, diagnostiqueurs et acteurs de la rénovation énergétique, l’enjeu est double : assurer une évaluation énergétique juste tout en conservant la fiabilité du DPE comme outil de transition vers des bâtiments moins énergivores.
