Depuis la mise en place de la loi Climat et Résilience, les logements classés F ou G affichent une baisse moyenne de 15 % du prix au m², soit environ -452 €/m² comparé aux biens classés D. À l’échelle des départements, ces « passoires thermiques » se vendent jusqu’à 20 à 25 % moins cher que les logements mieux notés, surtout dans les zones rurales ou peu tendues.
Ces biens énergivores subissent également une plus forte pression à la baisse lors de la négociation. La marge moyenne atteint 5,9 %, contre seulement 3 % pour un logement de la classe D. Entre juillet 2021 et janvier 2025, les logements notés A à D ont vu leurs prix augmenter de 3,4 %. Les logements notés E stagnent à -0,6 %, tandis que ceux notés F ou G chutent globalement de -3,5 %.
Les biens notés F ou G restent en moyenne 84 jours sur le marché avant leur vente, soit 5 jours de plus que les logements classés A à E. Malgré ce délai prolongé, ils suscitent davantage d’intérêt : +67 % de contacts pour les logements G et +32 % pour les logements F par rapport à un bien noté D. Leur prix accessible attire des acquéreurs prêts à réaliser des travaux pour réduire leurs dépenses en énergie.
Sur le marché locatif, le DPE influence aussi les loyers. À Paris, les logements classés A se louent en moyenne 3 €/m² de plus que les logements D, alors que les biens classés G perdent environ 1,3 €/m². Cette tendance découle de la loi qui interdit de louer les logements G depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 et les logements F à partir de 2028.
L’interdiction progressive des passoires énergétiques pousse leurs propriétaires à rénover ou à vendre. Depuis 2021, l’offre locative de logements F ou G a chuté de près de 64 %, contre -37 % pour les classes A à D. Beaucoup retirent ces biens du marché locatif faute de visites ou de moyens pour effectuer les travaux.
Quels impacts pour les acteurs ?
En résumé, le DPE joue désormais un rôle déterminant dans les décisions immobilières : il influence le prix, le temps de vente, le loyer et l’offre disponible. Face à l’interdiction croissante de louer les biens énergivores, les acteurs du marché réagissent en ajustant leurs stratégies de rénovation, vente ou retrait du parc locatif.
