Publié au Journal officiel le 26 août dernier, l’arrêté abaissant de 2,3 à 1,9 le coefficient énergie primaire/énergie finale (Ep/Ef) continue de susciter des réactions. Pour l’association Coénove impliquée dans la transition énergétique, il s’agit d’une décision contestable à plusieurs égards.
Menée en juillet, la consultation publique relative à l’abaissement du coefficient Ep/Ef s’est soldée par une nette opposition des acteurs. Sur un total de 478 participants, seules 98 contributions étaient favorables, contre 223 défavorables. Saisis, le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) et le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) avaient également donné un avis défavorable.
Pour Coénove, si la plupart des contributions sont défavorables, c’est surtout en raison de l’inefficacité de la mesure. En effet, cette modification du coefficient Ep/Ef de l’électricité occasionnera la sortie de quelque 850 000 logements énergivores du rang des passoires thermiques sans travaux d’isolation thermique ou de remplacement des équipements énergétiques obsolètes. Au lieu d’être affronté et traité, l’effort de rénovation énergétique des logements peu performants est juste reporté. Comme Coénove, les acteurs réfractaires à cette réforme craignent également une perte de crédibilité du DPE.
Coénove estime que plusieurs questions essentielles relatives à l’abaissement du coefficient Ep/Ef de l’électricité restent toujours sans réponse. Ces questions sont notamment relatives aux études menées en amont de la décision et les effets d’un abaissement de coefficient sur la pointe électrique hivernale. L’association se demande en outre si l’analyse de la Cour des comptes de juin 2025 relative aux pertes thermiques considérables provoquées par la production électrique a été prise en compte.
